jeudi 9 décembre 2010

Légitimité d'une oeuvre ?

Quelques lectures récentes pour Artischaud me donnent à penser. De la matière intellectuelle à réfléchir, repenser dans une logique plus large, une contextualisation des sources, des données, des auteurs...

Aussi, en ce moment, je travaille sur la "légitimation d'une oeuvre" qui deviendra donc, reconnue comme "oeuvre d'art". Quels sont les processus engagés ? Par qui ? Pourquoi ? Quels enjeux pour l'artiste, l'auteur, un pouvoir, un commandidaire ?

Petit texte à vous soumettre en premier, il est issu d'une étude prospective du Grand Lyon sur "l'art dans l'espace public."

Un œil contemporain qui se poserait sur la production d’œuvres publiques du XIXe en France ou sur les obélisques gréco-romaines serait peut-être tenté de s’interroger sur la dimension artistique de ces productions. Sont-elles véritablement des œuvres d’art, sachant que leurs conditions de production sont éminemment dépendantes d’un commanditaire ? Vue à l’aune du système de valeur qui prévaut actuellement dans le monde de l’art, il est probable que la réponse soit prudente. Car l’autonomie, l’indépendance de l’artiste sont considérées aujourd’hui comme un préalable pour que ce qu’il produit, soit envisagé comme une œuvre. Et cette nécessaire absence de lien de subordination – qui définit l’auteur ou l’artiste – n’est pas suffisante : l’œuvre doit aussi circuler dans des espaces légitimes : galeries, centres d’art, être reproduite dans des revues d’art et commentée, si possible aussi être achetée… Il y a ainsi plusieurs séquences dans le parcours d’une production qui vont lui permettre d’acquérir ce statut particulier d'œuvre d'art.
Source : Pierre Alain FOUR, Étude Prospective du Gd Lyon.
Qu'en dites-vous ?

1 commentaire:

touann a dit…

Effectivement. Les pratiques artistiques collaboratives ajoutent un autre niveau de complexité à cette question de légitimité. Que dire lorsque l'oeuvre est conçue par «l'artiste», mais réalisée par le «public»?