jeudi 30 août 2007

Des maisons closes ?

Dans les maisons de disque c'est la crise. On vire des artistes pas assez rentables, des licenciements sont prévus, des rachats aussi...
Bref personne ne semble vouloir pleurer sur les tombes de nos chers Pascals Nègres. Tout au plus on s'émeut des conséquences des rachats, des licenciements...

Mais vous ne croyez pas qu'on navigue en plein délire ?
Ces conséquences ne sont juste qu'une accélération de ce que l'on connaissait déjà dans les maisons de disque (les exemples d'artistes virés pour non-rentabilité sont nombreux, The Verve, Prodigy..., les contrats de X disques pour X années (Jamiroquai et ses 5 albums en 5 ans chez Sony...). Il ne faut pas avoir la mémoire courte à mon avis sur ce sujet.
De plus dans cet article, on se rend compte à quel point les majors avaient compris les enjeux mais qu'ils ne savaient pas comment y répondre.
Les quelques majors majoritaires sur le marché du disque vampirisent les autres acteurs mais en 2000 quand celles-ci discutaient avec le PDG de Napster avant de le contraindre à fermer le service, il ne faut pas oublier leur position. Même si Sony représentait une grosse part, ils avaient en face, BMG, EMI, Universal et les indépendants qui prenaient une part plus importante à l'époque du marché du disque (5-8% selon les estimations de l'époque contre 3-5% aujourd'hui).
Il est aussi illusoire à mon avis de penser que les médias n'aient pas joué leur rôle dans cette histoire, pas parce qu'ils avaient un pouvoir décisionnel important à l'époque mais tout simplement parce qu'ils appartiennent aux ou qu'ils dépendent des maisons de disque. Celles-ci ne peuvent se tirer dans le pied pour évoluer et faire évoluer leur "business". L'innovation, on l'a vu est venue d'autres sociétés capables de se placer en médias alternatifs et depuis peu en médias incontournables. Les diffuseurs ont non seulement changé de main, mais aussi de moyens.

Dans les années qui vont suivre, en bon devin que je suis, je vous prévois des rachats de chaînes de tv, radios par ces mêmes médias internet dont le modèle économique se rapproche furieusement de leurs aînés... Le "modèle" publicitaire semble être un "exemple" à suivre et une providence pour toutes les activités économiques existantes ou naissantes.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Il semblerait que ces fameuses majors de l'ère d'avant le net soient la cible de fonds de pensions au même titre que toutes bonne multinationale qui se respecte.
Et les actionaires réclament leurs dividendes sonnants et trébuchants en fin d'exercice en virant tous les artistes non rentables, notamment.

Nous vivons des moments historiques !

julienb a dit…

il n'y a en effet pas de "nouvelle économie". et celle des nouveaux media n'échappe pas à la règle de l'audimat et du financement de la diffusion (sur l'audience, voir l'abandon du concept de pages vues des sites web pour celle du temps passé...). le pb dans l'histoire, c'est que le principe du tiers payant (la pub paie pour la consommation d'oeuvres) est en train de se diffuser dans l'économie du matériel. bientôt, la pub paiera mon mobile (à venir avec le gphone), et mes produits de consommation courante (déjà sous l'emprise du couponning)... et pourquoi pas mon loyer, mon crédit auto....