dimanche 1 juin 2008

Les netlabels de musiques libre

Souvent peu connus, mais diablement efficaces dans leur organisation et promotion du mouvement, les labels sont des pierres essentielles à tout mouvement de musique. Entre micro association et structure plus pérenne, ils permettent à de nombreux artistes de se confronter à d'autres dimensions artistiques et d'évoluer collectivement. À mon sens ce qui se fait de mieux en musique libre en terme de qualité de production (on mutualise les moyens dans un label et ça profite à tout le monde) et de qualité artistique (chaque label ayant sa "patte" et sélectionne ses artistes selon ses propres critères).

Bref, loin des individualités, ces structures ont cependant quelques défauts, principalement liés à internet.
En premier, le net-label peut afficher plein d'artistes, une page internet très alléchante, parfois il n'y a qu'une voire deux personnes derrière pour faire tourner la structure. Au terme "label" si classiquement répandu et auto-proclamé, on devrai plutôt parler de projet artistique. L'anonymat sur internet permet cette confusion des genres. Tout comme les auteurs du dimanche peuvent s'auto-proclamer "artistes" dès qu'ils ont réussi à enfanter un album (alors que la reconnaissance artistique doit, à mon avis, venir après et surtout pas de soi-même).
En second, ces petites structures peinent à sortir d'internet, la faute au manque de "réalisme" (peu ancrés dans les réalités concerts-promotion-affichage-soirée.qui.se.plante). Ils profitent d'un mouvement plus large au sein du mouvement musical d'œuvres produites qui ne peuvent pas être reproduites sur scène hors présence statique devant un ordinateur (chouette comme ambience !). Les formes scéniques doivent être pensées pour apporter suffisamment d'interaction avec le public pour qu'il soit un véritable "show". Elles deviennent partie prennante du projet artistique et peu d'artistes sont capables de fournir cet effort. C'est pourquoi beaucoup de ces net-labels sont d'abord nés des mouvements des free-party, hard-tek et autres genres "scéniques" par nature, comme une extension à un monde "réel". Ce manque de vision est aussi perceptible dans les différents moyens de distribution des œuvres produites par ces net-labels. Les initiatives telles que Pragmazic sont a saluer dans cet esprit, donner aux net-labels de nouveaux moyens d'exposition et de vente de leurs productions me semble essentiel. Aujourd'hui les net-label créent leur mouvement et en parallèle, la musique libre leur permet de nouvelles expérimentations et a su mettre un cadre juridique reconnu et fiable à leurs pratiques.

Sur le site "écoute et télécharge", vous trouverez une liste (non exhaustive) de net-labels qui valent le détour. Merci à celle qui en a fait la liste, les marques-pages de mon firefox en seront plus allégés.
La liste.

Petites découvertes récentes :
Camomille
Lescristauxliquident
alpinechic
Da ! Heard it records
... and many more !
Bonne écoute ! Et n'oubliez pas que ces structures sont toujours en quête de reconnaissance de leurs auditeurs !

6 commentaires:

Mankind concept a dit…

Dans quelle partie classes tu celui là ?
http://incaudavenenum.label.free.fr/
;)

Thomas a dit…

J'apprécie toujours autant tes article, et la c'est carrément un sujet pour lequel j'ai de l'intérêt.

Pour le coup par contre je trouve que tu abuse des "guillemets" :)

Aisyk a dit…

Pour répondre à Mankind :
incaudavenenum se rapproche plus d'un collectif d'artistes que d'un label (avec son penchant production, éditions, tournée...). Il manque à incaudavenenum cette volonté de vouloir diffuer les créations par tous les modes, vouloir créer des événements du label (avec le petit logo qui va bien en bas des affiches)... C'est un net-label assez caractéristique d'un collectif d'artistes qui se dit "label". (sans vouloir être méchant, hein)

thomas,
Merci pour ton commentaire et ton compliment, j'ai enlevé quelques guillemets et reformulé quelques trucs pour le coup. ;)

kokonotsurecords a dit…

Je suis un petit peu dubitatif face à ce nouveau post sur ton blog. Tu m'as habitué à un peu plus de "sérieux" dans ton approche d'un sujet.
Il y a des jugements de valeur dans ton article sur la façon de faire de la musique sur scène avec un laptop, par exemple. Ensuite, les Net-labels n'ont pas vocation à sortir du net, ils y trouvent tout ce dont ils ont besoin. Un Net-label est différent d'un label indépendant qui a une forme juridique associative ou bien de type SARL, une adresse physique, une promotion qui passe aussi par le net mais pas seulement. Entre parenthèse, une forme associative n'est pas moins pérenne qu'une forme SARL.
"Les formes scéniques doivent être pensées pour apporter suffisamment d'interaction avec le public pour qu'il soit un véritable "show""
Ah bon ? qui dit ça ? Tu as déja vu un concert de musique classique ou bien de Jazz ?
Tu as déja vu un concert de Pierre Henry ?
Les gens sont bien sages et attendent patiemment que l'artiste ait fini pour se manifester. La musique sur scène ça n'est pas que la vision Rock'nRoll.

Bref je m'interroge sur l'intérêt de cet article et sa pertinence. Ca ressemble plus à un billet d'humeur de par sa forme et son ton.

Je pense que si tu te penchais un peu plus sérieusement sur le sujet tu invaliderait pas mal des idées reçues que tu as écrit.

Patrick

Aisyk a dit…

Tout d'abord merci Patrick de l'intérêt que tu portes à mon blog.

Ensuite,
Il est vrai que parce que j'écris assez facilement, parfois je tombe dans l'humeur plus que dans l'article vraiment argumenté, c'est assez rare, mais j'accepte volontiers cette juste critique. Parler d'un net-label en associatif c'est déjà parler de structure pérenne à mon sens. Beaucoup de net-labels ne sont même pas constitués en association, c'est cela que je pointe aussi.

En ce qui concerne les formes scéniques, là je pense être vraiment subjectif quand à ma propre évolution artistique (quid d'une scène avec la musique que je fais ?).

Quant au jugement de valeur sur les musiques en laptop, je ne pense pas que cela soit comparable, dans l'esprit de l'article, à du classique ou à Pierre Henry. Bien souvent les musiques électroniques déchaînent des énergies physiques qui sont communicatives sur le public, je comprends que cette vision puisse choquer un dj, mais je pense que la scène doit se construire autour d'un dialogue avec le public et je trouve, en général, que les expériences de musiques électroniques sont moins communicantes avec leur public que les expériences plus classiques de beaucoup d'autres styles musicaux (jazz, rock, rap, styles fusion...). La place de l'instrument électronique (laptop, platine...) me semble trop importante pour véritablement laisser passer une interaction directe avec le public.
Ceci est un avis vraiment personnel, mais j'ai déjà pu "tester" une session de musique en live avec Elecktroplankton, et même si j'étais super content et que le public l'était, je pense qu'il me fallait passer plutôt par une forme de dialogue, d'une interaction. Ayant vu une fanfare jouer du daft punk, j'ai trouvé que l'énergie qui se dégageait du public et l'interaction avec les musiciens était vraiment ce que j'attendais de réaliser avec la musique.

Bref, oui.
Tu as complètement vu le côté subjectif et volontaire de cet article. Toujours pour susciter les réactions, c'est avec les réactions des eprsonnes qui me lisent que j'apprécie le plus d'écrire sur ce blog.

Mankind concept a dit…

C'était également de ma part un peu de provocation... ;)
Mais je trouve également ton post un peu réducteur (voir même un peu condescendant, mais ce n'ai pas volontaire, je pense)... Nous sommes tous appeler à grandir.
Petit label deviendra (peut être) grand (si on veut)...
Pour l'organisation de concerts, ben on va faire ça avec Dogmazic... J'espère... Encore un peu (beaucoup) de temps...