Dans les maisons de disque c'est la crise. On vire des artistes pas assez rentables, des licenciements sont prévus, des rachats aussi...
Bref personne ne semble vouloir pleurer sur les tombes de nos chers Pascals Nègres. Tout au plus on s'émeut des conséquences des rachats, des licenciements...
Mais vous ne croyez pas qu'on navigue en plein délire ?
Ces conséquences ne sont juste qu'une accélération de ce que l'on connaissait déjà dans les maisons de disque (les exemples d'artistes virés pour non-rentabilité sont nombreux, The Verve, Prodigy..., les contrats de X disques pour X années (Jamiroquai et ses 5 albums en 5 ans chez Sony...). Il ne faut pas avoir la mémoire courte à mon avis sur ce sujet.
De plus dans cet article, on se rend compte à quel point les majors avaient compris les enjeux mais qu'ils ne savaient pas comment y répondre.
Les quelques majors majoritaires sur le marché du disque vampirisent les autres acteurs mais en 2000 quand celles-ci discutaient avec le PDG de Napster avant de le contraindre à fermer le service, il ne faut pas oublier leur position. Même si Sony représentait une grosse part, ils avaient en face, BMG, EMI, Universal et les indépendants qui prenaient une part plus importante à l'époque du marché du disque (5-8% selon les estimations de l'époque contre 3-5% aujourd'hui).
Il est aussi illusoire à mon avis de penser que les médias n'aient pas joué leur rôle dans cette histoire, pas parce qu'ils avaient un pouvoir décisionnel important à l'époque mais tout simplement parce qu'ils appartiennent aux ou qu'ils dépendent des maisons de disque. Celles-ci ne peuvent se tirer dans le pied pour évoluer et faire évoluer leur "business". L'innovation, on l'a vu est venue d'autres sociétés capables de se placer en médias alternatifs et depuis peu en médias incontournables. Les diffuseurs ont non seulement changé de main, mais aussi de moyens.
Dans les années qui vont suivre, en bon devin que je suis, je vous prévois des rachats de chaînes de tv, radios par ces mêmes médias internet dont le modèle économique se rapproche furieusement de leurs aînés... Le "modèle" publicitaire semble être un "exemple" à suivre et une providence pour toutes les activités économiques existantes ou naissantes.
Petites tranches d'infos matinées de points de vues et de réflexions sur la musique libre et son univers...
jeudi 30 août 2007
mercredi 22 août 2007
Diffusion libre ?
Tiens donc, on dirai que les choses changent un peu côté Major/Sacem...
Cette récente news sur le site Deezer nous le prouve. Grâce à un accord entre les différentes parties, le site peut diffuser les musiques du catalogue Sacem légalement sous réserve de donner une partie des recettes publicitaires générées.
C'est bizarre mais j'ai l'impression que des sites comme celui-ci vont permettre une généralisation de ce type de sites. Cela va aussi encore plus mettre les internautes dans l'embarras, comment vérifier que la musique que l'on écoute via une application flash est légale ? D'ailleurs, ici on ne parle que d'écoute. La Sacem se réserve donc le droit de décider si son catalogue sera écouté ou non par les internautes. Je voudrais bien savoir ce qu'en diraient les vieux sages de la Cours Constitutionnelle à propos de la "mission de service public" de la Sacem.
Et pendant ce temps, à Vera-Cruz, l'AIMSA continue...
Tout ceci pour vous amener à réfléchir sur un point. Quels sont les fondements de la musique libre ? Est-ce la libre diffusion dans un cadre non-commercial ? Est-ce la possibilité de modifier les œuvres dans un cadre non-commercial ? Ou est-ce l'élargissement du concept "cercle familial" aux cadres non-commerciaux ?
Parce qu'on sera d'accord que la musique libre permet toutes ces choses (et aussi les utilisations/modifications à buts commerciaux), elle permet surtout d'avoir un accord de l'auteur quasi permanent sur les autorisations qu'il délivre sur ses œuvres. Elle place les utilisations non-commerciales au centre du dispositif en faisant jeu de miroir avec les sempiternels débats sur "commercial ou pas" qui peuvent animer les cours de lycées/collèges entre des fans de musiques. Le "commercial" serait donc l'ensemble des ces œuvres non partageables et donc piratables, ces œuvres diffusées régulièrement sur les radios FM, les chaînes de tv "musicales". Le "non-commercial" serait ainsi une utilisation plus "noble" des œuvres, une utilisation écartée de tout enrichissement personnel.
La dichotomie est ici fondatrice, pour les licences en Creative Commons surtout. Elle se base sur l'enrichissement personnel ou non, l'apport à la communauté sans en tirer des bénéfices personnels en enrichissant celle-ci de ses apports, ses œuvres. Seul l'auteur peut décider (et s'il est mort ?) des utilisations commerciales de ses œuvres. On serait presque proche de la période hippie vu sous cet angle.
La licence Art Libre propose par contre une autre vision. Il me semble que cette vision est plus compatible avec l'origine du mouvement. Parce que cette licence permet les utilisations commerciales de toute œuvre placées en LAL, tout enrichissement personnel est possible mais les bases de cet enrichissement sont librement utilisables par tous. L'enrichissement devient collectif. On déplace le problème de l'enrichissement à un problème personnel. Le soucis principal de la LAL n'est pas les utilisations qui découlent des œuvres mais plutôt la construction d'une immense base de connaissances utilisables, éditables, diffusables, commercialisables à volonté par les auteurs, les auditeurs, ainsi que leurs descendances.
Loin de moi que de vouloir relancer le débat "Les CC, sapucaypalibe", mais ce sont à mon avis des différences fondatrices. On est là sur des bases différentes de l'appropriation des œuvres, d'un côté la dichotomie "commercial/pas commercial", d'un autre le but de créer une base de connaissances librement utilisable. Dans tous les cas, les différentes évolutions de la Sacem/Major sont à regarder de plus près. Car dès qu'ils donneront des accords plus importants et nombreux à la diffusion de leur catalogue, quelles seront les différences avec les licences libres ? Le téléchargement ? Je prédis que cette barrière va être franchie d'ici peu, elle l'est déjà un peu avec les intiatives de Neuf et celle de Spiralfrog...
P.S : Cet article a pour but de susciter un peu le débat, pas de l'enflammer. Je suis moi-même mal à l'aise avec une diffusion avec utilisation/modification commerciale à volonté de mes œuvres, et ce, même si je participe à des projets en LAL. N'y voyez pas dans cet article un plébiscite pour la LAL mais plutôt une tentative de démêler les fondements de notre mouvement.
Cette récente news sur le site Deezer nous le prouve. Grâce à un accord entre les différentes parties, le site peut diffuser les musiques du catalogue Sacem légalement sous réserve de donner une partie des recettes publicitaires générées.
C'est bizarre mais j'ai l'impression que des sites comme celui-ci vont permettre une généralisation de ce type de sites. Cela va aussi encore plus mettre les internautes dans l'embarras, comment vérifier que la musique que l'on écoute via une application flash est légale ? D'ailleurs, ici on ne parle que d'écoute. La Sacem se réserve donc le droit de décider si son catalogue sera écouté ou non par les internautes. Je voudrais bien savoir ce qu'en diraient les vieux sages de la Cours Constitutionnelle à propos de la "mission de service public" de la Sacem.
Et pendant ce temps, à Vera-Cruz, l'AIMSA continue...
Tout ceci pour vous amener à réfléchir sur un point. Quels sont les fondements de la musique libre ? Est-ce la libre diffusion dans un cadre non-commercial ? Est-ce la possibilité de modifier les œuvres dans un cadre non-commercial ? Ou est-ce l'élargissement du concept "cercle familial" aux cadres non-commerciaux ?
Parce qu'on sera d'accord que la musique libre permet toutes ces choses (et aussi les utilisations/modifications à buts commerciaux), elle permet surtout d'avoir un accord de l'auteur quasi permanent sur les autorisations qu'il délivre sur ses œuvres. Elle place les utilisations non-commerciales au centre du dispositif en faisant jeu de miroir avec les sempiternels débats sur "commercial ou pas" qui peuvent animer les cours de lycées/collèges entre des fans de musiques. Le "commercial" serait donc l'ensemble des ces œuvres non partageables et donc piratables, ces œuvres diffusées régulièrement sur les radios FM, les chaînes de tv "musicales". Le "non-commercial" serait ainsi une utilisation plus "noble" des œuvres, une utilisation écartée de tout enrichissement personnel.
La dichotomie est ici fondatrice, pour les licences en Creative Commons surtout. Elle se base sur l'enrichissement personnel ou non, l'apport à la communauté sans en tirer des bénéfices personnels en enrichissant celle-ci de ses apports, ses œuvres. Seul l'auteur peut décider (et s'il est mort ?) des utilisations commerciales de ses œuvres. On serait presque proche de la période hippie vu sous cet angle.
La licence Art Libre propose par contre une autre vision. Il me semble que cette vision est plus compatible avec l'origine du mouvement. Parce que cette licence permet les utilisations commerciales de toute œuvre placées en LAL, tout enrichissement personnel est possible mais les bases de cet enrichissement sont librement utilisables par tous. L'enrichissement devient collectif. On déplace le problème de l'enrichissement à un problème personnel. Le soucis principal de la LAL n'est pas les utilisations qui découlent des œuvres mais plutôt la construction d'une immense base de connaissances utilisables, éditables, diffusables, commercialisables à volonté par les auteurs, les auditeurs, ainsi que leurs descendances.
Loin de moi que de vouloir relancer le débat "Les CC, sapucaypalibe", mais ce sont à mon avis des différences fondatrices. On est là sur des bases différentes de l'appropriation des œuvres, d'un côté la dichotomie "commercial/pas commercial", d'un autre le but de créer une base de connaissances librement utilisable. Dans tous les cas, les différentes évolutions de la Sacem/Major sont à regarder de plus près. Car dès qu'ils donneront des accords plus importants et nombreux à la diffusion de leur catalogue, quelles seront les différences avec les licences libres ? Le téléchargement ? Je prédis que cette barrière va être franchie d'ici peu, elle l'est déjà un peu avec les intiatives de Neuf et celle de Spiralfrog...
P.S : Cet article a pour but de susciter un peu le débat, pas de l'enflammer. Je suis moi-même mal à l'aise avec une diffusion avec utilisation/modification commerciale à volonté de mes œuvres, et ce, même si je participe à des projets en LAL. N'y voyez pas dans cet article un plébiscite pour la LAL mais plutôt une tentative de démêler les fondements de notre mouvement.
mercredi 15 août 2007
Activités estivales... comment ça pas de vacances ?
On peut le dire, le claironner tout haut, les licences libres ça fonctionne très bien, et cela de manière exponentielle depuis que les Creative Commons existent. On commence à avoir pas mal d'archives sur les sites qui s'y consacrent (Boxson, Dogmazic, Jamendo, Archive, Flickr...), certaines vidéos en CC deviennent des you-tube...
Des signes qui ne trompent pas, même Jamendo pourtant rempli d'argent depuis l'investissement de Mangrove Capital Partner montre des limites de serveurs tellement leur succès est important.
Bientôt les associations Musique Libre seront invitées pour tenir des stands pendant des festivals... non ça c'est déjà arrivé notamment pendant le très (malheureusement) pluvieux Fiesta Reggae Sun de Villefranche, puis on l'espère pour le plus ensoleillé Tribuzical à l'Arbresle... en même temps on a pas chômé pendant la fête de la musique sur Lyon aussi avec un stand et un concert de Fred Oscar.
Pendant que les associations se démènent, les labels sont invités aux festivals. Ainsi j'ai appris récemment que nos amis d'Another Records plantaient un stand avec leurs potes de Greed Recordings, Unique Records, et Travelling Music à la Route du Rock de Saint Malo. N'oubliez pas d'aller y faire un tour... Surtout si vous avez loupé le Sziget avec Pakupaku, Volfoniq en guest stars :D

Si avec tout ça vous ne comprenez pas pourquoi la musique libre est l'avenir de la musique...
Des signes qui ne trompent pas, même Jamendo pourtant rempli d'argent depuis l'investissement de Mangrove Capital Partner montre des limites de serveurs tellement leur succès est important.
Bientôt les associations Musique Libre seront invitées pour tenir des stands pendant des festivals... non ça c'est déjà arrivé notamment pendant le très (malheureusement) pluvieux Fiesta Reggae Sun de Villefranche, puis on l'espère pour le plus ensoleillé Tribuzical à l'Arbresle... en même temps on a pas chômé pendant la fête de la musique sur Lyon aussi avec un stand et un concert de Fred Oscar.
Pendant que les associations se démènent, les labels sont invités aux festivals. Ainsi j'ai appris récemment que nos amis d'Another Records plantaient un stand avec leurs potes de Greed Recordings, Unique Records, et Travelling Music à la Route du Rock de Saint Malo. N'oubliez pas d'aller y faire un tour... Surtout si vous avez loupé le Sziget avec Pakupaku, Volfoniq en guest stars :D

Si avec tout ça vous ne comprenez pas pourquoi la musique libre est l'avenir de la musique...
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